Trek de 10 jours
  

Trek de 10 jours

Harhorin, Mongolie le 20/09/2011

 

Le lendemain c'est le départ du trek. Nous passons au marché pour acheter de quoi se faire à manger le midi avec notre guide. Nous faisons donc sa connaissance, il s'appelle Boylt et il a 28 ans. Il est  temps de partir. Premières sensations sur le cheval, on rigole comme des dindes dès qu'ils commencent à trotter ! On prend contact avec le cheval et il n'a pas toujours envie de nous obéir. Boylt nous apprend à leur parler pour les faire avancer « Tchou, Tchou ! » et c'est parti pour 10 jours. Le mien est plutôt sympa mais il a tendance à prendre les chemins de traverse et c'est aussi un péteur confirmé ! Celui de Myriam est quant à lui têtu et il a besoin d'un bout de bois en guise de cravache pour avancer. Le pas, on gère, Le trot est inconfortable et on a tenté un petit galop bien sympathique ! Boylt aime chanter pendant la ballade, il nous demande de chanter à notre tour. Myriam se lance avec un frère Jacques puis Boylt fredonne un « au champ Elysiiiii » que nous avons poursuivi en cœur.

Notre terrain de jeu, la vallée, nous réalisons que nous sommes au cœur de le Mongolie. Les steppes, le ciel bleu, les yourtes, on se croirait dans un western mongol. Nous apercevons une yourte et des troupeaux de chèvres, de yaks, nous arrivons chez notre hôte, Batma qui a 51 ans. Nous découvrons enfin les coutumes et le quotidien des nomades. Elle nous invite dans sa yourte. Nous franchissons le seuil en l'enjambant de la jambe droite. Puis nous nous positionnons du côté gauche sur un canapé (espace réservée aux invités). Elle nous sert du lait de jument fermenté, l'airag, qui a un goût particulier... ça pique ! On reçoit le bol toujours de la main droite, la main gauche étant celle pour s'essuyer après la grosse commission (c'est donc très impoli). Nous avons goûté le Surei tsai, thé salé avec du lait de yak, ça nous a plu, le goût est agréable. Ensuite l'assiette de fromage est passé entre toutes les mains. Le fromage de yak ressemble un peu a du beurre. Myriam a testé les deux autres , qu'il fallait tremper dans le thé chaud pour les ramollir (de quoi se péter une dent sinon..). L'un a le goût de la cire et l'autre le goût de l'airag. La communication n'est pas évidente... nous savons dire Sanbaynou : Bonjour, Bayarla : Merci, Bayarta : Au revoir, Ger boul : Famille, Malgash : Demain. Nous avons eu de grands moments de solitude lorsqu'ils parlent tous Mongol  et que nous essayons tant bien que mal d'y comprendre quelque chose. En dehors du cheval, il y a aussi le quotidien avec les familles et des petites siestes. Nous nous assoupissons donc au bord de la rivière bercés par le bêlement des chèvres. Le soir venu, on assiste à la traite des juments et des yaks. La technique consiste à stimuler la descente de lait en mettant le petit à téter puis la traite peut commencer.

Batma nous a préparé à manger, elle a fait des pâtes comme celles des tartes qu'elle fait précuire sur le poêle puis les coupe en lamelles pour enfin donner des nouilles. Ensuite quelques patates et surtout la viande de mouton séchée (lieu de conservation : sous le lit ou pendu à la yourte) qu'elle coupe en morceaux. Il y a systématiquement un plat rempli d'abats qui traîne dans un coin. Elle me prépare 2 bols « sans gras » pour mon estomac fragile (ce qui m'a un peu gêné d'ailleurs...). Pour les autres, elle rajoute du gras et de la couenne de mouton. Nous faisons abstraction des conditions d'hygiène et de conservation des aliments qui n'ont absolument rien à voir avec les nôtres ! Nous vous passerons les détails pour les âmes sensibles, n'est-ce pas Maria ! Et bien contre toute attente, nous avons adoré cette cuisine simple et relevé par le goût du mouton. Vient l'heure de dormir pour nous (fatiguées de cette journée) tandis que Boylt et Batma vont jouer aux cartes dans la yourte voisine. Les nuits sont fraiches surtout lorsque le poêle s'éteint... ! Nous n'avons pas très bien dormi. La nuit, le ciel est rempli sont rapides d'étoiles et les pauses pipi sont rapides au vue de la fraicheur en dehors de la yourte. On s'est senties épiées quand des centaines de paires d'yeux luisants ce sont tournés dans notre direction. Chèvres, chevaux, yaks, ils étaient tous devant ! Le lendemain, ils ont laissé place à un champ miné. Il faut savoir qu'on a dormi à même le sol (enfin sur un tapis) dans la yourte. Au réveil, les courbatures, le mal de fesses et de dos se sont fait sentir. Après un bol de riz, nous voilà reparties sur le chemin des steppes. Nous maitrisons un peu plus nos chevaux. Le trop est à la limite  du supportable tant il ravive nos douleurs. Pause déjeuner au bord de la rivière car nous avons besoin d'eau pour faire bouillir les pâtes. Les yourtes sont toujours à proximité d'un point d'eau pour boire, cuisiner, se laver etc. ! Nous nous passionnons pour le galop qui donne de très bonnes sensations. Concernant la toilette, eh bien c'est à l'ancienne, c'est-à-dire à la rivière (ce qui est sûr c'est que ça raffermît !!!). Nous avons l'impression d'avoir fait un bond dans le passé, près de deux siècles en arrière.

De ce que nous avons pu observer, la femme Mongol est très active du matin jusqu'au soir. Sa journée est rythmée par les traites (juments et yaks) et c'est du sport, elles évitent les coups de pattes, doivent rattachées les petits affamés et tout cela bien souvent dans le grand froid. Son quotidien c'est aussi l'entretien de la yourte (en bref le ménage) la cuisine (confection de l'airag, des fromages, de la vodka, des repas) et elle s'occupe des enfants. J'entends déjà ce que certaines nous diraient : ben oui c'est le lot de toutes les femmes !!! Mais attention l'homme Mongol n'est pas affalé devant le foot avec la bière à la main. Les tâches physiques lui sont réservées, il doit s'occuper des troupeaux et les regrouper.  Il aide sa femme pour la traite (eh oui mesdames). Il coupe du bois (et il en faut, croyez-nous !!!). Il assure les accompagnements des enfants à l'école (en moto bien souvent) et aussi le ravitaillement directement de la ville. Bon l'homme Mongol aime bien se mettre le compte à l'airag et à la vodka avec ses voisins de yourtes mais la femme veille au grain...

Au sein même des nomades, les disparités sociales existent également cela se caractérise par un aménagement un peu plus étoffé, commodes, tapis, canapé,  télévision... On constate aussi qu'ils ne sont pas en très bonne santé. Les conditions de vie, le climat sont très durs. Dans notre 2ème famille, l'homme avait un œil mal soigné (il va sûrement le perdre), un doigt en moins. Bref ils ne sont pas très en forme mais ils continuent leurs tâches comme si de rien était. L'échange prend forme lorsqu'ils nous montrent des photos de leur jeunesse, de leurs familles, de la chasse au loup, etc. La nuit sera meilleure, nous avons mis toutes les couches de vêtements !

Nous partons tardivement après un petit déjeuner copieux, pâtes aux moutons. Toujours douloureux de monter sur le cheval, alors on arrêté le trot du coup. On va au pas et pour rattraper notre retard on s'éclate au galop. Le paysage en impose, on se sent toutes petites dans ces grands espaces, les couleurs changent, les reliefs aussi, un petit far west Mongol. Les arbres sont u peu plus fréquents surtout en bordure de rivière.

Nous arrivons dans une nouvelle famille, c'est un couple avec 2 enfants, un de 2 ans et un 7 mois. Ils sont très souriants et accueillants. Ils sont tout de suite intrigués par notre appareil photo où l'on peut voir directement l'image sur l'écran. Et lorsqu'on sort l'ordinateur je vous raconte pas ! Myriam s'essaye à la cuisine et tente d'étaler la pâte pour faire les nouilles. Il faut qu'on soit à l'autre bout du monde pour que la miss se mette à cuisiner, je vous jure... Nous avons cru que le petit de 2 ans et son voisin du même âge étaient des filles (cheveux longs, couettes, habillés en rose) mais grâce à leurs pantalons découpés au niveau de l'entrejambe (pour satisfaire à tout moment leurs besoins), nous avons compris que nous avions fait erreur (voir l'explication dans les anecdotes). Une chose est sûre, les petits Mongols s'amusent de tout avec un rien, comme en témoigne le lancer de briquet avec Myriam.

Depuis que nous avons commencé le trek nous sommes claquées le soir. A 21h on est déjà couchée jusqu'à  9h le lendemain... Avant de partir nous offrons toujours un petit quelque chose pour les remercier (crèmes, parfums). Ourna est aux anges et nous le fait savoir, ce qui est plutôt rare chez les Mongols qui sont plutôt réservés. Nous repartons pour une nouvelle journée où nous traversons un mini désert. Le soleil est au rendez-vous et les désagréments digestifs ont eu raison de Myriam. Mais après quelques galops la revoilà d'attaque. Le paysage est encore majestueux, il y a des roches volcaniques dispersées.  Nous apercevons au loin le volcan désormais éteint et enneigé. Une fois dans notre 4ème famille, nous sommes rejoint par un groupe de trekkeurs, ils sont 5 et accompagnés de Aza, leur guide. Boylt est content de retrouvé son ami et nous de pouvoir échangé nos impressions.

En Mongolie, le sport national c'est la lutte et c'est donc naturellement que des combats prennent forme. Boylt ne ménage pas nos amis Suisses il est définitivement le plus fort. Il faut décrire un peu la personnalité de Boylt : c'est un homme enfant, très fort, très résistant et à la fois très gamin. Il aime plaisanter et nous taquiner. Nous sommes contentes qu'il soit notre guide, car même si il nous martyrise, il est à la fois très attentionné et prévenant. Du style, le soir il prend soin de nous couvrir avec son habit traditionnel pour éviter qu'on ait froid. Il a aussi appelé Myriam « Momo », qui signifie le sein « tété » en Mongol. La soirée est animée, on dort dans la yourte à 11 dont 7 par terre.

Le lendemain c'est une grosse journée que nous passons avec le groupe. Nous quittons peu à peu les steppes désertes pour la forêt très dense, nous montons en altitude pour arriver à un monastère. Nous avons fait un peu d'escalade pour atteindre un point de vue magique. Une fois redescendus dans la vallée, nos chevaux étaient surexcités et nous exténués. Pour décrire la scène : impossible de rester au pas, dès que l'un d'entre eux commençait à trotter les autres suivaient. Cela nous demandait plus d'énergie de les retenir que de partir au galop. Nous quittons le groupe et nous arrivons enfin dans notre famille qui semble plus pauvre que les précédentes. Nous nous installons devant la télé pour regarder un combat de lutte. Nous découvrons des personnes très sympathique et attachante. Dalima et Orchitotch sont un couple avec 3 enfants. Cette famille respire la joie de vivre. Ils rigolent tout le temps et ne sont pas du tout froid et distant comme nous en avions l'habitude au prime abord. Dalima est un vrai clown, elle danse en cuisinant et a un rire très communicatif. Nous sommes contentes car nous allons passer 2 jours e leur compagnie et oui le lendemain c'est notre jour de repos.

Nous partons à 12h pour les sources d'eau chaudes accompagnées en moto par Boylt et Oslo (le fils). Le village est désert, tout est fermé mais grâce à l'acharnement des garçons nous parvenons à négocier un bain chaud avec vue sur les steppes. Enfin nous pouvons nous laver et nous prélasser. Nous avons passé l'après-midi dedans et même si ils ne parlent pas un mot d'anglais, on n'a pas vu le temps passé. A notre retour j'enfile ma blouse d'infirmière le temps de soigner Oslo d'une vilaine plaie infectée. Il est vrai que dans chaque famille nous avons aussi pris soin d'eux en les soignant ou en leur donnant des médicaments.

Avec Dalima le courant passe vraiment bien, on dit souvent que ce sont ceux qui ont le moins qui donne le plus. Elle nous offre une bague à chacune, ce qui nous a beaucoup émues. Nous avons pu aussi nous essayer à la traite d'un yak avec son aide, mais ce n'était pas très probant. Comme la veille, les voisins s'invitent chez Dalima, l'ambiance est décontractée, nous chantons et dansons à tour de rôle. Au moment du coucher, Dalima se comporte comme une maman, elle nous couvre et nous fait un bisou. Nous nous endormons sereines comme à la maison. Au petit déjeuner nous avons goûté le yaourt de yak, enfin un yaourt qui a du goût, il pique un peu ce qui  nous change de nos yaourts français pasteurisés et stérilisés. Au petit matin, il commence à neiger, la journée s'annonce difficile. Nous les quittons pas très motivées non seulement parce qu'on se sentait bien chez eux mais aussi parce que le temps ne s'est pas amélioré. C'est donc sous la neige et avec le vent que nous partons. Rien ne s'arrange car la yourte de la famille suivant est très mal isolée (ils ont encore gardé leur revêtement d'été). Bref on vous laisse imaginer notre nuit.

Le lendemain matin, le soleil réapparaît et laisse place aux steppes enneigées. Une fois encore nous repartons avec des bijoux offerts par Ourna. Ce jour-là nous n'avons pas pu faire de galop  car le risque de glissade est important. C'est donc au pas que nous avons arpenté les deux montagnes pour atteindre la dernière yourte de notre aventure. Pour cette dernière soirée nous réalisons quand même, qu'il nous tarde de retrouver un peu de confort. Prendre une douche, quitter ce pantalon crasseux et surtout être au chaud !!! Notre constat, les Mongols sont très résistants au climat, à la douleur, à l'inconfort et à la charge de travail. Leur vie est rythmée par des tâches pour subvenir à leurs besoins élémentaires, cela donne à réfléchir sur notre quotidien soit disant routinier...

Pour les anecdotes :                                                                                                                                      

Les femmes Mongols n'ont pas besoin de se cacher pour faire pipi, leurs robes font l'affaire. Pour éviter que les chevaux ne s'échappent pendant la nuit, on leur accroche les 3 pattes ensemble. Les parents embrassent peu leurs enfants mais les sentent au niveau des cheveux pour témoigner de leur affection. Les enfants de nomades vont à l'école la semaine et ne reviennent que le week end chez eux. La mortalité infantile étant plus importante chez les garçons, ils sont déguisés en petite fille jusqu'à l'âge de 4 ans, afin de tromper le mauvais esprit. 

Pour les gaffes testées : Myriam a sifflé dans la yourte attirant ainsi les mauvais esprits. Je me suis assise sur la table basse. Nous avons mis nos pieds face à l'autel. Myriam est passée entre les poteaux qui soutiennent la yourte, séparant ainsi le couple (pas bien...). J'ai pris l'airag de la main gauche (ouille !!!).

 

Commentaires

 Flosoeurette
Passionnante cette aventure! Et très certainement enrichissante! Dommage, j'aurais bien goûté le lait de yak les châtons! Je pense qu'en rentrant vous allez être métamorphosées...bisous
 Lilimimiam
Contentes que vous suivez tous nos aventures avec tant d'attention. On espère que ça reflète bien tout ce que nous pouvons vivre! Eh oui le Serge heureusement qu'il y a internet.. quand est ce que tu nous rejoins avec ton sac à dos!? Bisous à tous
 Mother Minnà
Bisous les "Chéries" , c'est bon de vous suivre et pouvoir se sentir si près de vous qui êtes pourtant si loin.....
Quel plaisir toutes ces photos et récits. Merci de nous permettre de croquer ce monde avec vous.
Des bisous les filles
Je vous aime
 Serge
Tous vos récits sont passionnants, comme ce que vous faites, mais comment faites vous, vous avez toujours la connexion internet? amitiés et bonne route
 Cathy
Salut les courageuses,
Après vous avoir parlé c'est agréable de lire les récit de vos aventures! On a l'impression de voyager aussi sans les aléas de la vie rude.
Pleins de gros bisous à toutes les 2 et à bientôt sur skype.
 Mimi
ouiiiiiii merci pour ces long récits jy suis presque... vous en prenez plein la vue et plein le coeur cest beau!!! bisous a vous et vivement la prochaine esc ale....
 Vero
Ah bah ça valait le coup d'attendre !
Vous avez l'air d'en avoir bien bavé quand même....
Y avait moyen de faire du snow ou pas ? ;-))
 Christèle
Quel bonheur d'avoir tous ces détails de votre voyage!! je sais que ça vous prend du temps mais c'est vraiment TOP!
j'avoue j'ai même versé ma larme grâce à Dalima!! Trop beau!
merci merci je vous aime fort fort



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