Le transsibérien, train de légende...

Irkutsk, Russie le 10/09/2011

 

Le transsibérien arrive !!! Avant de monter nous regardons l'air de rien qui vont être nos voisins de wagon (nous sommes soulagées, ils ont tous des bonne têtes). Notre hôtesse est  souriante et  à l'air plutôt sympa (eh oui ça existe !!!). Nous entrons dans le transsibérien, le fameux samovar est au bout du wagon (c'est grâce à lui que nous allons cuisiner...). La décoration doit dater des années 70, formica, imitation cuir, tapis fleuri, rideaux à motifs.  Notre compartiment est à 4 lits et pour l'instant nous sommes à notre aise car nous sommes seules. On a l'impression d'avoir fait ça toute notre vie, organisées, nous rangeons nos affaires, les lits sont faits en 2 minutes, et maintenant y a plus qu'à.....attendre et regarder le paysage défilé.

Nous avons fait le plein de pâtes chinoises lyophilisées (il ne reste plus qu'à rajouter de l'eau du samovar) de thé, de café, de gâteaux et bien sûr de VODKA !!! Nous sommes parées pour 4 jours de train.

La visite se prolonge jusqu'au wagon restaurant, nous pouvons remarquer que chaque wagon a son odeur et son atmosphère. Puis il est l'heure d'entamer la vodka, elle est assez douce et n'a rien à voir avec celle que l'on connaît (Delphine, une grosse pensée pour toi). J'en profite pour mettre une raclée à Myriam à la belotte de comptoir.

Nous ne sommes plus seules dans notre compartiment, nous faisons la connaissance de Dimitri, 84 ans (ancien pilote d'avion pendant la guerre de 39-45), il a les mains qui en porte les séquelles. Il est touchant et nous explique fièrement qu'il a combattu Hitler et qu'il a eu des médailles pour cela.

En quittant Moscou nous découvrons un nouveau paysage, forêts de bouleaux, maisons en bois. Nous traversons des villages où il nous semble que le temps s'est arrêté et l'on ressent très vite la pauvreté.

La vie à bord du transsibérien prend forme, nous sommes rythmés par les allers retours dans le couloir, le paysage qui défile et les courtes escales du train. Les uns regardent le paysage debout dans le couloir (histoire de se dégourdir les jambes), les autres font des allers venus aux toilettes ou au samovar, d'autres dorment et les enfants jouent à passer et repasser devant notre compartiment en rigolant.

Notre première nuit a été longue... notre sommeil très léger. Le train a fait plein d'arrêt pendant la nuit. Nous n'avions pas bien fermé la fenêtre donc il y avait le bruit, le froid et l'odeur du charbon s'évacuant de la cheminée du train.

Après une toilette sommaire (il n'y a pas de douche dans le transsibérien) nous nous amusons à observer ce qu'il se passe lorsque le train s'arrête en gare. Quelques passagers sortent sur le quai et ils sont attendus par les habitantes du village. Elles ont un certain âge, foulards sur la tête, sachets à la main (ou pour les plus organisées, des poussettes) elles proposent des baies, des fruits, des plats cuisinés, des cadeaux souvenirs, des cigarettes, bref tout ce dont on pourrait avoir besoin. Vivement la prochaine escale !!!

Le temps tourne au ralenti, on lit, on regarde le paysage, on mange, on s'assoupit, on écoute de la musique, on regarde quelques épisodes de V, on joue aux cartes. Ce que l'on aperçoit de la fenêtre est vraiment dépaysant, on se croirait dans la petite maison dans la prairie. Les maisons sont très typiques, elles sont en bois, de la fumée sort de la cheminée, il y a un potager devant chaque maison, elles sont reliées entre elles par des chemins de terre. On a envie de s'arrêter et d'aller boire un chocolat chaud au coin du feu.

Nous allons au wagon restaurant, apparemment nous éveillons la curiosité, on entend « francousky » à tout va... Notre compagnon de compartiment est toujours avec nous, et il semblerait qu'il ait oublié son déodorant ... Ah le grand air, dès que le train fait escale nous en profitons pour respirer l'air frais de l'Oural. A la tombée de la nuit nous arrivons à Ekaterinbourg, où  nous nous enfonçons au cœur de la Sibérie.  

La deuxième nuit fut meilleure, en nous réveillant Dimitri est sur le point de partir, il s'arrête à Omsk. Le paysage a changé, bizarrement c'est plat et la couleur de la végétation commence à changer (elle passe du vert au jaune) on ne se faisait pas cette image là de la Sibérie (mais ça a le temps de changer).

Il faut savoir que les toilettes dans le transsibérien sont fermés 15 minutes avant une escale, 20 minutes pendant et 15 minutes après, donc pas d'accès pendant 50 minutes. Cela nous a valu quelques fous rires et lorsqu'on a la vessie pleine (surtout après avoir bu une bière) c'est plutôt risqué (attention aux fuites). Nous avons remarqué que le soleil était anormalement bas pour 16h3O sur la montre. Le décalage horaire se fait sentir, il est en réalité 19h30. Nous avons bataillé avec notre hôtesse pour nous faire comprendre et lui soutirer cette information (elle ne s'est pas montrée très patiente...). Nous avons fait escale dans une ville, les marchandes à la sauvette sont de retour, c'est l'effervescence, elles passent d'un quai à l'autre en passant sous le train. Cette fois elles vendent des pirochkis et aussi des poissons séchés, désolé mais nous ne tenterons pas l'expérience vu l'odeur qui s'en dégage.  

La nuit a été un peu hachée, sans compter le décalage horaire qui nous perturbe un peu (car on s'est couché en n'ayant pas sommeil). Un nouveau compagnon de voyage a fait son apparition à 3h du matin. Nous avons vraiment fait sa connaissance le lendemain matin, il s'appelle Lusha, il a 28 ans (il a la tête d'un Mongol) et il est dans l'armée russe. Il est très sympa et il s'arrête comme nous à Irkoutsk où apparemment la ville fêtera ses 350 ans (ce sera donc la fête). Le paysage a encore changé et il a revêtu sa couleur automnale, et c'est aussi plus vallonné.

Nous sommes allés faire un tour au wagon bar avec Lusha et il a une bonne descente !!! Il est Bourriate, et d'après ce que nous avons compris, à l'époque de Gengis Khan, une conquête vers la Russie a eu lieu, sédentarisant ainsi une partie des troupes vers Oulan Oude (ce n'est pas un fait vérifié, mais notre interprétation des mimes de Lusha). Nous avons aussi rencontré un couple de Nouvelle Zélande avec qui nous avons pu exercer notre anglais, ils nous ont parlé d'une lyonnaise qui voyage seule  dans un autre wagon. Je suis allée à sa rencontre, elle s'appelle Karine et nous serons sûrement amenées à la croiser sur notre chemin car elle fait également un tour du monde avec un itinéraire semblable.  Nous avons un rythme un peu perturbé car se rajoute 2h de plus de décalage horaire, en ce moment, alors que vous venez à peine de vous lever (10h du matin) pour nous il est 17h. Nous avons tenté lors d'une escale, d'acheter des produits locaux sur le quai... un papi vendait des baies, j'en ai goûté une et j'ai eu ce goût très particulier que l'on connaît tous lorsque l'on vomit de la bile... (Excusez-moi des détails mais ils ont leur importance pour imaginer la tête que j'ai pu faire). Ensuite on a testé un beignet avec de la viande mais qui avait un goût étrange... psychose ou pas on a jeté le tout à la poubelle.

Nuit difficile, on ne trouve pas le sommeil et Lusha ronfle à en faire dérailler le train. Au petit matin nous  apercevons quelques flocons de neige, c'est sûr nous sommes presque arrivées...

 

 

 

Commentaires

 Bribri
Je ne sais pas qui tu es Nanou... Mais tu m'as fait rire ! C'est tout à fait ça !!! J'adhère !!
 Nanou
moi je pense qu'il faut envoyer valerie damido dans le transibérien!!!!!! mais elle ne devra pas toucher au compartiment 3 où il y a la boite qui déchire!!



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